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Le chemin du retour.

 
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Korita
Lame Brisée

Hors ligne

Inscrit le: 13 Fév 2010
Messages: 141

MessagePosté le: Ven 14 Mai - 13:33 (2010)    Sujet du message: Le chemin du retour. Répondre en citant

I/ Frappez avant d'entrer. 

 
Gloup.
 
A bien y réfléchir, c'est tout ce que l'effet du portail lui inspirait. Pas une sensation réellement désagréable, pas d'effet pyrotechnique impressionnant. Seulement l'impression de passer au travers d'un siphon un peu récalcitrant. Gloup était donc parfaitement approprié. 
Suite à quelques évènements fâcheux, la Draeneï venait de faire son entrée dans le royaume des ombres. Elle n'avait jamais vraiment cherchée à comprendre comment un tel endroit existait et sa façon de fonctionner et elle doutait beaucoup que le plaisir de la découverte serait maintenant de la partie. Après tout Semelys l'avait bien prévenue. Soit elle trouvait une sortie, soit le royaume allait la dévorer à petit feu.
 
Elle n'eut pas besoin de se retourner pour savoir que le portail ne s'y trouvait déjà plus et qu'elle avait maintenant un temps limité pour trouver un autre échappatoire.  
L'endroit n'avait pas l'air si différent du monde qu'elle venait de quitté. Les contours des structures étaient par contre flous, le ciel d'un gris uni et sans nuage, une épaisse brume empêchait de voir plus loin qu'à une dizaine de mètres mais tout semblait à sa place.  
 
Elle avait encore l'air entière, le passage dans un autre plan ne semblant pas avoir affecté sa consistance. Par contre, elle avait beaucoup plus de difficultés à se mouvoir, l'atmosphère étant lourde et étrangement « consistante » elle aussi.
 
Ah.. Et elle n'était pas seule. Krilleb avait vaguement entendue parler des résidents du royaume. Par vaguement, il fallait comprendre qu'elle s'en était royalement fichue jusqu'à aujourd'hui. Son entrée sur leur territoire les avaient surement attirés. Après tout, la plupart devait avoir autant envie de sortir qu'elle, ils s'étaient donc agglutinés autour du mince espoir qu'avait formé le portail pendant un bref instant.  
Ils se tenaient en face d'elle. Indénombrables, serrés comme des poissons sur un étal de marché. Formes indistinctes pour la plupart, certaines gardant encore une part de leur ancienne apparence, donnant à la foule une impression de galerie des horreurs en noir et blanc. 
Et malgré la difficulté qu'elle avait pour tous les voir, la Draeneï reconnaissait parfaitement l'expression sur la plupart des visages. La faim.
 
Et comme elle se trouvait être le centre de tout les regards, il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre ce qu'ils attendaient. 
La foule d'esprits silencieux et affamés se rapprochait, formant un cercle de plus en plus serré autour d'elle, obscurcissant même le ciel, car oui, il y en avait au dessus. Leurs innombrables visages exprimaient donc une faim douloureuse, leurs corps décharnés trahissaient une existence misérable, loin de toutes lumières. Ces oubliés de la création, elle risquait de les rejoindre au moindre faux pas. A son grand désarroi, il lui fut bien sur impossible de prononcer un mot. Et tout bien réfléchi, est ce que cela aurait servi?
 
Elle prit ensuite conscience du bruit. Plus les fantômes resserraient leur cercle, plus il se faisait fort. Un concert de marmonnements et de lamentations déchirantes qui s'ancrait profondément dans sa tête, la plongeant dans un état vaseux et impuissant. C'était évidemment l'effet recherché et lorsqu'ils jugèrent tout les risques écartés, ils passèrent à l'assaut.
 
La Draeneï fut brutalement tirée de sa torpeur lorsqu'une griffe longue comme son bras lui traversa la poitrine. Les chuchotements devinrent des crissements insupportable alors que la nuée d'êtres affamés se jetaient sur elle pour la curée.  
La douleur devint rapidement insoutenable, les aberrations la déchiquetèrent avec un enthousiasme terrifiant, arrachant sa chair, déchirant ses entrailles pour y plonger avidement leurs mâchoires déformées. Se battant comme des charognards pour le plus petit morceau, totalement absorbé par la seule idée de se nourrir de la nouvelle arrivante. Elle pouvait même sentir et entendre ses os craquer sous leur dents alors qu'ils en retiraient la moelle.
 
Intérieurement la situation n'était pas vraiment meilleure. Outre cette étrange douleur qui la paralysait, Krilleb luttait désespérément pour garder le contrôle de sa tête. Tout ceci était totalement impossible! Elle ne devait plus avoir d'existence physique, la mort devait lui avoir retirer la majorité de ce que les mortels appelaient douleur. Et par dessus tout, comment pouvait elle encore sentir la souffrance d'un os broyé et alors qu'il était tenu par une des créatures cinq mètres plus loin?!
 
L'assaut ne se limitait évidement pas à son enveloppe charnelle. Elle devait aussi faire avec les avances mielleuse de chuchotements insistants qui n'avait qu'une envie, s'infiltrer dans son esprit et éparpiller son existence au quatre vent, ce qu'elle tentait maintenant d'empêcher.
 
Si il y a une chose que la Draeneï avait toujours bien connue, c'était elle même. Pleinement consciente de ses capacités et de ses actes. Avant de se faire griller la cervelle, elle se vantait parfois de sa mémoire et de sa résistance mentale qu'elle jugeait « exceptionnelle » avec une pointe de fierté. 
Après tout elle avait bien réussie à se sortir de plusieurs situations ou l'on manipulait son esprit. Avec ou sans aide, il était particulièrement retors et indomptable, même si en apparence il pouvait sembler faible et rapidement vaincu. Elle aimait le décrire comme un labyrinthe rempli de portes donnant sur le vide ou sur d'autres portes plus étranges encore. Et aujourd'hui encore, son esprit luttait pour garder son intégrité.
 
Le combat pouvait être comparé à un faux siège de forteresse. Pourquoi faux? Parce que dans cette situation, l'assiégé ne défendait pas ses murs, il attaquait ouvertement l'envahisseur pour le tenir à distance. 
La violence des premiers assaut avait dispersé de nombreux éléments de souvenirs. Ils erraient sans but sur le champs de bataille, irrésistiblement attirés par les bras avides des affamés. Plutôt que d'abandonner ce qui faisait sa raison d'être, Krilleb se battait avec acharnement pour les ramener dans la relative sécurité des murs de sa tête.
 
Maintenant qu'elle n'avait plus à s'occuper du corps, elle se concentrait intégralement sur l'esprit et son âme. Si il avait été possible d'en faire une représentation, le combat aurait donné une toile de maître. Une fresque épique ou se mêlait derniers carrés, charges héroïques et percées brutales. Le tout rendu avec force détails par un artiste talentueux et disposant de moyens importants. Malgré leur nombre, les assaillants ne parvenaient pas à pénétrer les murs que la Draeneï avait érigés avec une patience infinie au fil du temps. Trop faibles et pressés par la faim, ils se brisaient contre les remparts, se noyaient dans les douves, avant de finir piétinés lors d'une sortie éclair. 
Lorsqu'enfin les dernières tentatives des spectres se soldèrent par de nouveaux échecs cuisants, ils lâchèrent prise, se dispersant en piaillant dans la brume.
 
Allongée à même le sol, encore en position fœtale comme une dérisoire protection alors que les fantômes la dévorait, Krilleb n'osait pas faire un mouvement même après leur départ. Pour le moment elle remettait un peu d'ordre dans ses pensées. Et elle cherchait à comprendre..
 
Premièrement, pourquoi était elle toujours entière? Même si elle doutait avoir été dévorée à cause du peu de logique de la situation, la scène avait semblé particulièrement et douloureusement vraie. De plus, pourquoi des vagues d'esprits affamés apparemment indénombrables avaient ils abandonnés leur repas en cours? Après tout, ils avaient une chose qu'elle n'avait pas. Le temps.
 
Et pour finir..
 
Pourquoi sentait elle de l'herbe contre elle? Et quel était ce délicieux parfum qui lui chatouillait le nez? Mélange des innombrables senteurs de fleurs et de fruits d'une nature en belle saison.
 
Elle ouvrit les yeux. 


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MessagePosté le: Ven 14 Mai - 13:33 (2010)    Sujet du message: Publicité

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Korita
Lame Brisée

Hors ligne

Inscrit le: 13 Fév 2010
Messages: 141

MessagePosté le: Sam 15 Mai - 10:53 (2010)    Sujet du message: Le chemin du retour. Répondre en citant



 
II/ Faites comme chez vous. 

 

 
Ce bouquet d'odeurs, elle ne le connaissait que trop bien. Le genre de souvenirs que le temps ne parvient pas à altérer. Car contre toute attente elle était allongée dans les vastes prairies en fleur du Nagrand d'origine. Après la mort de leur monde, la région avait conservée une partie de son charme. Mais la revoir telle qu'elle était avant les massacres de la horde et l'ouverture des portails avait de quoi couper le souffle, même à une morte.
 
Les plaines et collines herbeuses avaient la même configuration que dans ses souvenirs, de paisibles troupeaux paissaient paresseusement dans le lointain. Les femelles devaient regarder leur petits courir dans les hautes herbes d'un air surement attendri. Des volées d'oiseaux farceurs virevoltaient dans le ciel, jouant avec des nuages d'un blanc parfait. Tout était exactement pareil, au détail et à l'exagération près. Du paradis qu'était Nagrand, elle était désormais en face de la représentation qu'elle s'en était toujours faites après son départ. Son paradis.
 
Se remettant debout, la Draeneï n'arrivait pas encore à récupérer du choc. Sa tête travaillait à deux vitesses. La première qui restait stable et encore vaguement cohérente, cherchant à comprendre comment cet endroit pouvait se trouver en plein cœur du royaume ou elle était en exil. Même si elle le connaissait mal, elle doutait énormément que ce soudain changement en fasse partie. 
La seconde vitesse, qui s'emballait beaucoup plus se demandait principalement si elle était présentable. Ce petit bout d'elle même qui qui revenait rapidement à la surface. Des vestiges de son vivant qui cherchaient maintenant à se faire entendre. Car oui, il fallait qu'elle ressemble à quelque chose avant de rentrer dans la maison qui se dressait au loin, surtout si son occupant était là.
 
Rien d'étonnant donc quand elle se dirigea d'un pas mal assuré vers la demeure de ses souvenirs. Une habitation simple et sans trop de décorations. Le style Draeneï avec un terrain laissé aux herbes folles ainsi qu'un franc laissé-allé sur l'entretien de l'allée qui menait à l'entrée. La maison d'un mâle, sans aucun doutes. Cette seule pensée la fit autant sourire que devenir aussi violette que les fleurs qui bordaient les pavés.  
« Ridicule » pensa t elle. « Pourquoi voudrait il seulement me voir? Réveille toi imbécile! Tu es un cadavre ambulant.. » Et sur cette dernière pensée raisonnée, la Draeneï franchit le seuil. Non sans avoir vérifiée si sa coiffure tenait encore le coup ainsi qu'un rapide coup d'œil sur l'état déplorable de son armure.
 
L'intérieur n'avait pas changé. Le même charme dénudé d'une personne ne s'attardant pas vraiment sur les apparences. Cette même odeur de léger renfermé trahissant une présence assez aléatoire. Aux anges, elle l'appela. Sa voix lui semblait grossière, comme déplacée dans cet environnement idyllique. Elle avait réellement l'air d'un Elekk dans un magasin de verroterie. Mal à l'aise sans vraiment savoir pourquoi, elle était quand même décidée à aller jusqu'au bout. 
 
Il n'avait pas changé non plus. « Est ce qu'il n'a pas un peu grossi? » Toujours cette même carrure imposante, ces épaules larges et le corps bien entretenu de celui qui prend soin de sa santé. Toujours ce regard ravageur qui lui avait fait tourner la tête à la première seconde ou presque. Et une mine surprise, mais finalement pas si gênée que ça. 
Attablé devant ce qui devait être son repas, il en avait quand même laissé tombé ses couverts devant l'entrée impromptue de la Draeneï dans sa demeure. 
 
- Je ne m'attendais pas à ta venue si tôt.
 
Il n'avait pas l'air de faire attention à sa mine épouvantable, surpris peut être, mais elle le connaissait assez pour savoir que finalement il ne devait attendre que ça. Reprenant alors une consistance et chassant des pensées récalcitrantes telles que « Hé Oh! Tu es morte! » ou encore « Il y a quelque chose de bizarre dans tout ça », Krilleb se fendit de son sourire charmeur pour approcher le Draeneï de sa vie. 

- Seir'.. Tu m'as.. Manqué.
 
Malgré son impressionnante armure de plaque et sa dégaine de cauchemar sur sabots, elle n'en menait vraiment pas large en face de lui. Ce qui avait l'air de beaucoup l'amuser et achevait de la combler d'embarras. 
 
- Manqué? Je t'ai vue il y a deux heures déjà.
 
« C'est juste des souvenirs revécus, inutile de se mettre dans des états pareil.. » 
 
- Je peut faire quelque chose pour toi?
 
Il venait de se relever, la toisant toujours avec cet air faussement étonné, l'obligeant à lever légèrement la tête pour se perdre dans son regard. Sans rien ajouter de plus elle vint se coller contre lui dans un cliquetis de métal. Se perdre dans ses bras était bien la seule chose qui comptait à présent. Sa chaude étreinte lui avait tellement manqué qu'elle en oubliait la logique la plus élémentaire.  
Elle en vint rapidement à presser son visage contre celui de son bien aimé. Répondant sans aucune hésitations à ses baisers. Elle se sentait vivre, oubliant sa carcasse morte. Oubliant sa peau râpeuse, parcheminée et creusée d'ancienne blessures mal refermées. Ne faisant aucune attention au manque de répondant de son cœur alors qu'elle sentait parfaitement l'autre battre la chamade contre sa poitrine. 
Laissant de côté ces détails, elle se concentrait exclusivement sur le corps vibrant de vie de son compagnon, ne cherchant qu'a s'en rapprocher plus pour ne faire qu'un avec. Ses doigts se perdaient en suivant les courbes et angles d'un buste superbement sculpté, elle jouait avec les lèvres qui cherchaient les siennes tandis la main qui lui caressait tendrement le flanc était un véritable délice.
 
Elle n'opposa qu'une résistance de circonstance lorsqu'il la repoussa gentiment pour l'aider à retirer sa lourde armure. Avec beaucoup de difficulté et de rires discrets, ils réussirent à enlever les épaulières. La rouille qui s'était accumulée depuis les années rendait la tâche ardue, mais ils ne semblèrent pas s'en plaindre.  
s'acharnant ensuite sur les charnières du plastron en souriant, il se penchait parfois en avant, la gratifiant d'un baiser furtif dans le cou. La Draeneï passait les plus belles minutes de sa non-vie.. Ou de sa vie, elle ne se souvenait que vaguement de ce qu'il c'était passé, ou de ce qui allait arriver.
 
C'est alors qu'il lui murmura. 
 
- Krilleb..
 
Tout revint en un instant, la sombre réalité. Le nom maudit, celui qu'elle s'était donnée une fois morte. Ce nom qui signifiait sa déchéance, son abandon de la lumière et de tout ses préceptes, l'oubli de son appartenance et de ceux qu'elle avait aimé. Celui qui faisait d'elle un monstre, un bourreau au cœur froid et depuis longtemps éteint. D'un sourire béat, son expression vira à la rage noire. 
D'une détente fulgurante elle décocha un impressionnant coup de poing en plaque droit dans la mâchoire de son « bien aimé ». Le coup fut tel qu'il broya sans efforts les os, l'envoyant bouler par dessus sa table, renversant son plateau au passage avant qu'il ne s'effondre au sol, gémissant en se tenant le visage.
 
La douleur et l'incompréhension se lisaient dans ses yeux lorsqu'elle se pencha sur lui. Incapable de parler, le son qu'il réussit à produire était pourtant suffisamment éloquent. « Pourquoi? ». La Draeneï l'attrapa fermement par le col de sa tunique, tout ses rêves envolés et maintenant nettement plus lucide, sa colère venait d'exploser littéralement lorsque Seir', l'un des derniers qu'elle avait aimée, l'avait appelée par ce nom.. Alors qu'il ne pouvait pas le connaître. 
 
- Sa-ya-di. Articula t elle lentement avant de le lâcher.
 
Se redressant sans plus lui accorder un regard, la Draeneï ramassa ses épaulières, passant de longues minutes à les remettre en place, sous le regard toujours incrédule du Draeneï sacrément amoché pour le coup.  
Et avant qu'il ne puisse tenter un de ses autres gargouillement déchirant, elle refit le tour de la table, venant se camper devant lui. Krilleb terminait alors son œuvre en écrasant définitivement son crâne d'un coup de sabot bien placé. Son visage s'ornant d'un petit sourire satisfait au son du craquement définitif des os sur le sol.  
Quelques instants plus tard elle sortait de la demeure de feu son grand amour. Nettoyait rapidement son sabot souillé dans l'herbe et...
 
...Elle se retrouvait de nouveau dans un endroit bien connu. 


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Korita
Lame Brisée

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Inscrit le: 13 Fév 2010
Messages: 141

MessagePosté le: Sam 15 Mai - 21:53 (2010)    Sujet du message: Le chemin du retour. Répondre en citant

III/ La lame brisée 

 
- Sang et Acier ma sœur.
 
« Kiera? » Car c'est effectivement elle qui se tenait devant son nez. Impossible de savoir si la surprise était heureuse ou non avec cette voix ne trahissant aucune émotion et ce masque qui lui dissimulait une partie du visage. Immédiatement, la seconde question qu'elle se posait fut « Je suis déjà rentrée? » 
 
- Euh.. Salut..
 
Après un échange de civilités particulièrement bref, la Draeneï lui indiquait l'entrée de Soutair d'un geste de la main. D'un rapide coup d'œil elle s'assurait que la crypte se tenait toujours à son emplacement. Si ce qui lui arrivait était réel, Krilleb n'avait pas bougée de la cour. Sa première impression était pourtant mauvaise. Après tout, elle sortait déjà d'un rêve désagréable même si il avait été particulièrement ressemblant. Son petit doigt lui disait que quelque chose de bien pire se préparait. En silence elle suivit sa « sœur » pour connaître le fin mot de l'histoire.
 
Elle ne mit pas longtemps à trouver ce qui clochait. L'effervescence et le bruit qui montait tout autour d'elle. Loin de la cité morte qu'elle venait de quitter, Berce-Âmes ressemblait plus à une ruche Silithide qu'a un tombeau. Premier changement, la cour. Une allée de pierre noire allait du portail d'entrée jusqu'aux portes -Oui, aux portes- Du repaire. Les barrières tordues et rouillées avaient été réparées, pour finir la crypte elle aussi avait reçue nombre d'améliorations sur son rendu. Donnant à l'ensemble de la structure un aspect nettement plus impressionnant.
 
Ensuite, des deux côtés de l'allée se serraient des rangées compactes de non-morts. Pour la plupart des goules, même si les crânes blanchis de guerriers squelettes se distinguaient ici et la, le tout à l'ombre des silhouette massives d'abominations. En levant la tête on apercevait un ballet gracieux d'innombrables gargouilles, tournant autour des majestueux assemblages que l'on nomme communément Wyrm de glace.
 
Arrivés devant l'entrée de la crypte, la Draeneï frappa du sabot sur le sol, s'ensuivit un concert de grincements très réussis alors que la porte tournait sur ses gonds. 
 
- Tu vois ma sœur, depuis ton départ il y à maintenant six mois...
 
« Six mois? » Intriguée, Krilleb redoubla d'intérêt pour ce qu'on lui racontait. 
 
- ... Beaucoup de choses ont changées. En fait, dès que l'on t'a vue disparaître à travers le portail. Nous étions déjà beaucoup à juger la sentence trop dur.
 
Kiera serra un bref instant son poing alors qu'elles descendaient l'escalier qui menait à leur demeure souterraine. Un tapis de vermine s'écarta vivement sur leur passage, se fondant dans les ombres du plafond. La pénombre omniprésente n'avait pas changée non plus. Mais il flottait quand même une atmosphère qu'elle ne reconnaissait pas. 
 
- Nous nous sommes beaucoup battus pour Berce-Âmes tu sais? Grâce à toi, nombreux sont ceux qui ont trouvés le courage de Le défier...
 
Elle n'aimait décidément pas son ton trop mielleux pour être honnête. D'un geste gracieux de la main, elle lui fit contempler les profondeurs de Soutair. Enfin ce qu'elles étaient devenues. De la crypte quasiment familiale et silencieuse il ne restait rien. Désormais agrandie, elle faisait office de gigantesque laboratoire. Le long des murs trônaient de grandes cuves contenant parfois des liquides non identifiés, du plafond pendait des chaines ou étaient accrochés des ballots de chair encore saignants. Des ombres discrètes travaillaient autour de grandes tables d'opération ou d'appareils à l'utilité inconnue. 
 
- Tout ceci.. C'est un peu grâce à toi. Ajouta t elle avec une pointe de fierté dans la voix.
 
Toujours silencieuse, elle se laissa guider dans l'une des annexes de la caverne. Des cages et cachots s'étendaient sur une bonne centaine de mètres, bordant le couloir humide ou elles se trouvaient à présent. Quelques grognements et plaintes montaient de derrière les barreaux sans qu'elle put y voir quelque chose à cause de l'obscurité. 
Puis après quelques minutes ils s'arrêtèrent devant l'une des cellules. Son appréhension augmentait au fur et à mesure. 
  
- Alors je me disais que.. Ceci te ferais plaisir lors de ton retour.
 
Au fond de la cellule, solidement retenu par des liens magiques qu'elle n'avait encore jamais vue... C'était Semelys. Abasourdie, Krilleb y regarda une deuxième fois, puis une troisième. C'était bien le Khan des lames brisées que l'on avait enfermé comme un vulgaire voleur, la sécurité en plus.  
Elle secoua énergiquement la tête. « Non! ». Il était complètement impossible que Kiera trahisse son Khan. Certainement pas après une punition qu'elle jugeait trop dure. Et de la à réussir à le séquestrer.. Sans parler de ce qu'était devenu la ville, on se seraient crû dans une nécropole du fléau! 
Que devait elle faire maintenant? Elle sentait le regard de la Draeneï qui l'observait, les bras croisés. En plus de la mine fière de son ancien chef qui la dévisageait. Il ne lui ferait pas l'honneur de lui parler. Après tout, si elle était là avec celle qui l'avait trahi, ce n'était certainement pas un hasard. Qui se ressemble... 
 
- C'est le seul restant. Tout ses... Loyalistes ont étés éliminés.
 
Cherchant à lire dans le regard du « patron », elle écoutait d'une oreille distraite la liste de ceux qui avaient lutté pour lui. Celyssa, Chànce, Wolfën, Chrysaline.. Et d'autres. Beaucoup et pourtant bien peu. Il opina lentement du chef à son regard interrogateur, le doute n'était donc plus permis. 
 
- J'espère juste que tu voudras bien me le laisser.. J'ai quelque projets pour lui.
 
Elle hocha distraitement la tête et se détourna rapidement du prisonnier. Trop contente de ne pas être obligée de faire quelque chose maintenant. Vérité ou non, elle ne se sentait pas capable d'agir tellement ses pensées se télescopaient. Elle voulait rapidement sortir de cette crypte étouffante, en venant presque à regretter d'avoir trouvée une sortie du royaume des ombres finalement.
 
C'est sur le chemin de la surface que ses doutes furent enfin récompensés. Deux chevaliers se tenaient au milieu du chemin aménagés entre les différents « ateliers ». Rien d'anormal jusque la. Si ce n'est les insignes et tabards qu'ils arboraient: la lame d'ébène. Refoulant la bouffée de colère qui montait en elle, la Draeneï essayait encore de raisonner. Jamais Kiera ou l'un des membres restant du clan n'aurait pactisé avec les esclaves de la lumière.
 
La Draeneï devait avoir sentie que quelque chose ne lui plaisait pas. Elle posa sur son épaule une main qui se voulait rassurante. Sans obtenir l'effet escompté.  
 
- Paix ma sœur. 
 
- Qu'est ce qu'ils font ici?
 
Les deux chevaliers l'observait, amusés. Ils dégageaient quelque chose qu'elle ne pouvait pas supporter, la suffisance. Plus grave, ils se trouvaient en terrain conquis, ils étaient seuls maîtres et tous leur devait obéissance. C'était évident en voyant comment les serviteurs évitaient de croiser leur route ou leur regard. « Quels sinistres contrats à tu signée.. » 
L'un d'eux lança une pique sur un ton exaspérant. 
 
- Même les goules ont droit de porter vos couleurs, Kiera?
 
S'en était trop, abandonnant sa retenue et ses réflexions sur la réalité ou non de ce qu'il se passait elle se jeta sur eux. Du moins, tenta de le faire. Avant même d'avoir pu bondir, l'une des épées de la traîtresse lui traversait le corps, la stoppant net. 
 
- Ainsi donc. Toi aussi tu as choisie ton camp.
 
Elle ne devait jamais sentir la seconde lame lui trancher la gorge. 


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Korita
Lame Brisée

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Inscrit le: 13 Fév 2010
Messages: 141

MessagePosté le: Dim 16 Mai - 19:14 (2010)    Sujet du message: Le chemin du retour. Répondre en citant

IV Pour tout ceux qui ont...  
 
 

« D'accord.. Ce n'est toujours pas terminé »  
 
- Elle se réveille!
 
« Pardon? »  
 
- Vous pensez qu'elle va me reconnaître?!
 
« Assez jouer, montrez vous et qu'on en finisse ». Krilleb n'était même plus étonnée de se trouver encore une fois dans un endroit complètement incongru par rapport au précédent. Après tout, elle commençait à avoir l'habitude. Pour l'heure, elle se sentait surtout observée par plusieurs pairs d'yeux aussi curieux qu'avides.   
Alors que le brouillard qui lui obscurcissait la vue se dissipait, elle essayait de discerner ou son esprit malade l'avait emmenée cette fois. Maintenant certaine que tout ce qui lui arrivait depuis l'entrée dans le royaume n'était que le fruit de quelque chose jouant sur son imagination, cherchait encore à savoir comment il déclenchait cette série d'évènements. Même si il arrivait à la surprendre en fouillant dans des souvenirs particulièrement lointain, leurs aspect parfois sans queue ni tête jouait encore contre lui. Elle se mit immédiatement en chasse de l'intrus tout en gardant un oeil sur la présente situation.  
 
- Elle a un peu changée vous ne trouvez pas?
 
« Finement observé.. ». Elle se trouvait encore dans une pièce. Enfin à première vue, cela y ressemblait vu qu'il y avait un plafond et des murs. Rien de réellement notable, si ce n'est un empilement d'affaire disparates qui laissait penser à un débarras. Le style était indiscutablement Draeneï, les voix qui chuchotaient autour d'elle, aussi. Des intonations étrangement familières, quelques gloussements discrets qu'elle craignait reconnaître.
 
Ils étaient un bon nombre autour d'elle. Un peu serrés, dans une position pas franchement confortable. Pour le moment elle ne cherchait pas vraiment à comprendre le pourquoi de leur présence ici. Elle n'avait aucune autre information sur son emplacement, les sons se limitaient à ceux tout proches, ils étaient soit totalement isolés, soit dans une cave, voir une grotte. Délaissant donc un temps la question du « Ou suis-je cette fois? », Krilleb reporta son attention sur l'assemblée qui n'avait d'yeux que pour elle.
 
« Oh non... »
 
Tout ces visages souriants mais inquiets, qui suivaient chacun de ses mouvements. La longue liste d'amants et d'amantes qu'elle avait eue. Une foule de visages qui, maintenant qu'elle les revoyaient, n'étaient pas tous aussi séduisants que par le passé. Elle ne parvint pas à cacher sa déception, s'attendant à beaucoup mieux, il est vrai. A voir sa mine défaite, ils se rapprochèrent d'un bloc pour être les premiers à l'aider ou comprendre. Ce qui acheva de la mettre en rogne.  
 
- Je vous avais dit qu'il y avait quelque chose de bizarre! Elle est malade! Regardez son teint pâle!  
 
C'est un grand mâle un peu gras qui lui prit la main en premier. Soulevant un mouvement de protestation étouffées derrière. On se bouscula un peu pour lui apporter un verre d'eau, puis de nouveau on l'observait comme si elle avait toujours été le messie, en plus sexy.  
Krilleb ne passa pas plus de quelques minutes à s'occuper d'eux, les dévisageant poliment, se permettant parfois un sourire ou ouvrant des yeux ronds comme des soucoupes. Sa tête se remplissait de pensées telles que « Non mais je l'ai vraiment laissé rentrer chez moi lui? » ou encore « Elle ne prenait même pas soin de ses cornes! ». Finalement assez peu concernée par la bande de prétendants en chaleur qui l'entourait elle fini par se dire que ce n'était pas vraiment le moment d'avoir honte d'un passé un peu.. Hm.. Aventureux. Si c'était la seule chose qu'il était capable de mettre en travers de son chemin, c'était raté.  
 
- Assez!
 
Chassant d'un geste agacé le groupe de prétendants trop collants, Krilleb se remit debout, devant quand même jouer des coudes pour atteindre la porte de la pièce. Tout ces visages trop serviles.. Elle n'avait aucune envie d'une troupe d'esclaves et la blague ne l'amusait pas du tout. Encore moins dans une situation ou la réalité semblait une fois de plus absente. Elle n'avait jamais dominée personne et n'était pas décidée à le faire maintenant. Ils tentèrent vainement de l'arrêter, dans une parodie de soumission un peu navrante. Mentalement, la Draeneï promis de réserver une mort lente et douloureuse à celui qui jouait avec sa tête de cette façons.  
 
- Reste avec nous!
 
« Certainement pas! ». Sur cette dernière pensée elle poussa la porte de la cave.. Pour reculer en chassant l'épaisse fumée qui s'engouffra soudain dans la pièce. Derrière elle, les Draeneï s'étaient recroquevillés de peur, se perdant en couinement plaintifs qui achevèrent de l'exaspérer.  
La porte donnait sur un escalier en pente douce qui se terminait par une autre porte, évidemment. Elle entendait maintenant les sons de la surface. Bien qu'étouffés, elle n'avait pas réellement envie d'en savoir plus. Mais c'était ça, ou rester avec les larves d'en bas après tout.
 
En sortant, elle fut alors accueillie par les champs de guerre bestiaux, les cris des mourants, le ronflement entêtant des flammes et les chocs sourds de structures qui s'effondrent. « Tu te trompe, je n'étais pas la bas à ce moment ». Il fallait pourtant se rendre à l'évidence qu'elle était bien dans Shattrath, alors que la Horde massacrait méthodiquement les survivants qui s'y cachaient encore. La scène prenait d'ailleurs des allures de cauchemar, partout d'épaisses colonnes de fumées montait haut dans un ciel zébré d'éclairs. Même sortie de son esprit à partir des brides qu'elle avait récupérée, le tout était proprement terrifiant. Elle se félicitait de ne pas avoir été présente à ces instants maudits.  
A demi dissimulée derrière les décombres, Krilleb observait les vainqueurs qui déambulaient par petits groupes parmi les ruines. Il ne fallut pas longtemps pour qu'on la repère, d'ailleurs.
 
Un groupe d'animaux fonçait déjà sur elle en beuglant. A cet instant précis, la Draeneï ressentait toute la profonde aversion de sa mère pour cette race de barbares. Trop faibles pour résister aux murmures de la Légion, ils avaient précipités la perte de Draenor.. Leur perte à tous.   
Bien décidée même en étant désarmée, elle allait donc se battre. Quoi d'autre après tout? Fuir pour risquer d'attirer d'autres menaces? Retourner dans la cave pour allonger la liste des victimes? Se rendre pour subir les affres d'une mort lente? « Face à des bêtes enragées.. Comporte toi comme tel. Oublie les notions d'honneur ou de pitié. Tuer ou être tué »
 
Le premier guerrier Orc était déjà sur elle, abattant sa lourde hache en rugissant. Le tranchant ripa sur l'épaulière alors qu'elle se déportait en catastrophe sur la gauche. Vive comme l'éclair, elle s'empara alors du poignet qui tenait l'arme tandis que son second poing volait à la rencontre de la figure du monstre. Sous la force du choc, il lâcha son arme en gargouillant, la gueule ensanglantée. Pressée par le temps et l'approche rapide des autres adversaires, elle repoussa le guerrier, ramassa la hache tombée et se remit en garde. « Approchez... ».
 
Un autre des Orcs chargea, suivit de près par un de ses congénères, frappant de taille en un large mouvement circulaire de son arme. Krilleb n'eut une fois de plus qu'une fraction de seconde pour se baisser et sentir la lame siffler au dessus de sa tête. Par contre, toujours aussi rapide elle frappa en retour, tranchant nette une des deux jambes. Alors que la bête hurlait de douleur, elle l'attrapait par le cou avant qu'il ne s'effondre pour le jeter violemment sur l'autre tout proche, qui perdit un temps précieux à l'éviter et n'eut alors pas la chance de voir venir la seconde attaque, son bras, puis sa tête vinrent rejoindre le membre tranché de son compagnon.
 
Après cette petite victoire, il fallait agir avant l'ennemi. Les bruits de la lutte avait surement attiré d'autres charognards. Elle pouvait les entendre approcher, grognant des ordres dans leur langue répugnante. Achevant prestement les trois estropiés, la Draeneï s'apprêtait à repartir en quête d'autres proies, fermement décidée à défendre sa ville. Même si ce n'était qu'un rêve de plus, un rêve perdu qui plus est. Elle refusait de rester passive contre celui qui se servait d'elle.
 
Un craquement sourd, l'interpella. Venant de sous ses pieds, la pierre c'était subitement fendue. Et un peu partout autour d'elle, d'autres craquements indiquaient d'autres fissures. Les bruits ambiants cessèrent eux aussi presque instantanément.  
 
- Mort aux esclaves du fléau.
 
Ce ton narquois, cette voix grave... Alors qu'un bras nécrosé traversait l'une des fissures dans le plus pur style d'un film de série Z. Une Krilleb abasourdie regardait un Manaldian hautain perché sur son destrier. Pour rajouter à l'ambiance, le chevalier de la mort claqua des doigts. Une pluie glacée vint effacer toute trace de la Horde ou des ruines de la ville sanctuaire...  


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Korita
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MessagePosté le: Lun 17 Mai - 10:16 (2010)    Sujet du message: Le chemin du retour. Répondre en citant

V Pour tout ceux qui ont... (deuxième) 
 
  
La Draeneï était maintenant encerclée, en plus d'être trempée par la pluie. Chassant une mèche de cheveux collants de son visage, elle fixait toujours le cavalier, en plus de devoir garder un œil sur les goules à l'air mauvaises autour d'elle. Pour couronner le tout, elle n'avait pas pu garder la hache qu'elle avait ramassée quelques instants plus tôt. 
Hector Manaldian, une lame brisée, à la langue aussi acérée que le tranchant de sa lame. Elle n'en gardait pas de souvenirs impérissables, si ce n'est ses incessantes remarques et moqueries. 
 
- Le seigneur Semelys à changé d'avis. Il ne voulait pas prendre le risque de te voir revenir. Je me suis porté.. Volontaire.
 
« Bien tenté. Mais Manaldian ne serait jamais venu en personne. Tu penses sérieusement pouvoir jouer éternellement avec moi? » 
 
- Et qu'est ce que je trouve en face de moi? Peuh.. Je n'aurais pas du me déplacer pour si peu. Mes goules auraient suffi.
 
La petite dizaine d'adversaires passa à l'attaque d'un nouveau claquement de doigts. Dans une magnifique démonstration de zèle et de stupidité profonde. Serviles et insensible à la douleur, ces esclaves ne comptaient bien souvent que sur le nombre pour gagner. A dix contre une adversaire désarmée, ils avaient donc leur chances.
 
La première fut accueillie comme il se doit. Krilleb la prenait fermement par les épaules avant de l'envoyer voler contre ses congénères, désorganisant facilement celles qui lui faisait face. D'une ruade, elle calma les ardeurs de la furtive qui tentait d'approcher dans son dos, le craquement des os brisés suivi de grognements pitoyables lui indiquait qu'elle en avait au moins une hors de combat.
 
Ne laissant pas le temps aux suivantes pour se regrouper, elle fondit sur un cas isolé. Laissant un groupe de trois se chamailler après s'être joyeusement rentrées dedans. Combative et faisant peu attention à son existence, la goule abattit ses grands bras griffus sur la Draeneï, raclant contre l'armure et lacérant les chairs visibles laissant deux profondes entailles. Lui empoignant la tête à deux mains, elle lui écrasait le visage contre un genou avant de l'expédier quelques mètres plus loin.
 
Ensuite, les non-morts se jetèrent sur elle. L'une atterrit violemment sur son dos, tandis qu'une autre l'enlaçait de ses bras à la taille. La suivante restait à baver à proximité et les dernières tournaient autour, avides d'avoir une place pour le festin à venir.
 
Déséquilibré, l'étrange assemblage de corps bougeait tantôt à gauche, tantôt à droite en faisant des bruits bizarres. Luttant pour enlever la collante sur son dos, la Draeneï ne faisait pas grand cas de celle qui essayait maintenant de lui ouvrir le ventre et le reste, confiante dans la solidité relative de son armure pour la retenir un temps. Elle protégeait son visage des griffes de la créature avec une main, tandis que de l'autre bras, elle cherchait à l'attraper pour la faire tomber. 
Lorsque la goule mordit dans le gantelet, elle tira pour l'attirer avec, abandonnant un instant la protection de son visage pour attraper la tête dans l'optique de la dévisser. Griffant toujours au hasard, la créature arracha quelques morceaux avant que sa tête ne finisse dans les mains de la Draeneï suite à un « Chlpop » écœurant. Un bref spasme plus tard, le reste du corps retombait au sol.
 
Déjà une des autres goule lui sautait dessus, puis une seconde. Achevant de la déséquilibrer. En battant des bras elle se ramassa au sol. Écrasant au passage celle qui l'enserrait toujours dans le dos. Aveuglée, elle balaya l'air avec ses griffes, devenue inoffensive. 
Si la première fut repoussée d'une ruade bien placée, la seconde se collait alors à elle dans une ignoble parodie d'étreinte amoureuse. Bavant, raclant et griffant, elle essayait proprement de défigurer voir égorger son adversaire, ses grosses mains frappant avec une force peu commune. Dégageant l'un de ses bras, la Draeneï envoya voler la créature d'un coup de poing bien placé. Avant de retomber sur le sol dans un concert d'os qui découvrent le sens du mot puzzle, elle lâcha un amusant: 
 
- FAIIIMMMM!! 
 
Se dépêtrant difficilement de celle qui essayait encore de lui faire le coup du par derrière, elle fini tout de même par se remettre sur ses sabots. Gratifiant d'un coup vicieux la goule au sol qui tendait des bras désespérés vers elle. 
Ses adversaires ne lui laissèrent aucun répit, une paire de griffe s'écrasa sur son dos, ripant heureusement sur l'armure et ne parvenant pas à la faire tomber cette fois. Pivotant d'un bloc, elle expédia l'imprudente au loin d'un direct rageur. Une rampante blessée depuis le début du combat s'accrocha vainement à ses chevilles, pour terminer le crâne écrasé sous un sabot. Une aventureuse sauta joyeusement sur elle, pour être stoppée en pleine course d'un autre coup de poing dans le ventre, la faisant retomber mollement, à demi coupée en deux.
 
Bien campée sur ses jambes, la Draeneï faisait maintenant face à des adversaires, nettement moins nombreux et pour la plupart hors d'état de nuire. Elle avait quand même souffert de l'assaut. Son armure était encore plus ruinée que la normale, de profondes entailles lui parcouraient les bras, le ventre et le visage.
 
Nullement impressionné, le baron porta une main au cor de guerre attaché à sa ceinture. La toisant de toute sa hauteur, il le porta à ses lèvres avant d'en sortir une unique note. Longue et sinistre. Un appel à vriller les tympans des vivants.
 
« Vient donc te battre! Montre toi! »
 
Au travers du rideau de pluie qui continuait de tomber, Krilleb percevait quelque chose de nouveau. Sans encore voir ce qui approchait, elle entendait distinctement des chevaux approcher au galop. Le baron ne serait donc toujours pas un problème. Sur de lui, il avait une parfaite confiance en les capacités de ses serviteurs et ne perdrait pas de temps à s'occuper personnellement de son cas. Un avantage dont elle devait tirer parti pour trouver son véritable adversaire, qui refusait obstinément de se montrer.
 
Pour l'heure, le bruit s'était dangereusement rapproché. Elle les voyait à travers la pluie. Une charge digne des cauchemars les plus grandioses. Des cavaliers aux contours parfois incertains, des chevaux caparaçonnés à l'air irréels. Des fantômes en colère, répondant à l'appel de leur maître pour écraser la vermine. Manaldian pointa du doigt dans la direction de la Draeneï, n'esquissant même pas un sourire. Soulevant des gerbes de terre, les chevaux foncèrent et les lances s'abaissèrent. Les spectres poussant des hurlements à glacer le sang.
 
Pour sauver sa peau, Krilleb, se jeta au sol, roulée en boule pour exposer un minimum de sa surface aux cavaliers.
 
C'est alors qu'elle se sentit tomber. Ou plutôt, flotter.. Voir les deux. 
 


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Korita
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MessagePosté le: Mar 18 Mai - 12:25 (2010)    Sujet du message: Le chemin du retour. Répondre en citant

VI Ode à l'égo. 

 

 
Le noir complet. Quelque chose qui avait au moins le mérite de changer des caves de maisons. Cette impression d'être suspendue au milieu du vide, sans aucun points de repères dans une parfaite absence de couleurs. Avançant un sabot prudent, la Draeneï s'assura qu'elle était quand même sur une surface solide, ce qui semblait être le cas sur deux bons mètres de chaque côtés. Passé cette limite, elle sentait l'infini l'aspirer, ce qu'elle n'avait aucune envie de découvrir pour le moment.
 
Habituée aux délires de son adversaire avec ses souvenirs, elle était un peu surprise de ce soudain revirement. C'était il finalement lassé de sa résistance pour l'enfermer et la laisser croupir sur son promontoire jusqu'à ce que le royaume des ombres la dévore? Ou était elle seulement dans une file d'attente pour un nouveau tour de manège dans les méandres de son esprit? Restant debout et sur ses gardes, elle attendait patiemment la suite. 
 
- Salut chérie!
 
Elle pivota vivement dans la direction de la voix, scrutant les ténèbres, en vain. Loin d'être désagréable, elle avait quelque chose de connu qui laissait malheureusement présager une nouvelle et ennuyeuse confrontation avec son passé. Serrant les poings, Krilleb se promettait mentalement d'écourter la rencontre. Un rire aigre et froid retentit alors sur sa gauche cette fois. Toujours cette impression de déjà vu sans pouvoir mettre le doigt dessus.
 
« Montre toi, j'en ai assez.. »
 
De nouveau le rire. Derrière elle. Un timbre indéniablement féminin, une intonation légèrement moqueuse, pourtant empreinte de compassion. Le tout, terriblement familier. 
 
- Ah non! Laisse moi te r'garder encore un peu.
 
« Va te faire! Montre toi! »
 
Quelqu'un qu'elle connaissait, c'était maintenant certain. Exaspérée, elle jetait des regards autour d'elle, cherchant à percer l'obscurité.
 
Elle sentit plus qu'elle ne vit la main se poser sur son épaule. Le contact fut électrique et c'était comme si sa lourde armure de plaque avait fondue pour laisser sa peau à nu. Un instant paralysée, elle ne réagit pas immédiatement en voyant son interlocutrice tourner gracieusement pour se placer devant elle, bien trop proche à son goût, levant son autre main dans un salut discret. 
 
- T'es vraiment magnifique. Tu sais?
 
Bouche-bée, Krilleb avait l'impression de se regarder dans un miroir. Car en face, surement moins étonnée et plus souriante, c'était indiscutablement elle. Le même corps mort, la même armure encore rouillée et éraflée par les combats. Le même visage toujours expressif malgré l'aspect cadavre. Plus d'autres détails mineurs comme son état de décomposition avancée. Évidemment qu'elle était encore fière de son physique, ce n'était pas une nouveauté. 
 
- Hé quoi? J'te fais peur? Joue pas la timide avec moi!
 
« Attend.. Attend un peu. Ça ne marche pas avec moi. »
 
Son interlocutrice n'eut pas l'air de relever la protestation. Elle lui passa une main gantée affreusement agréable sur la joue, y grattant quelques saletés avant de la porter à ses lèvres en gloussant. Très amusée par son air interdit, elle se lécha lentement les doigts en approchant son visage du sien. 
 
- Tu vas pas m'dire que j'me suis trompée quand même?
 
L'effet électrisant se poursuivait, la rendant totalement à la merci.. D'elle même. C'était frustrant, déroutant et à son grand dam follement excitant. Sa méfiance lui murmurait encore des histoires à propos d'illusions, de rêves, de royaumes des ombres et d'autres idioties qu'elle ne voulait plus écouter. Bien sur sur qu'elle ne se trompait pas!  
 
- He ben? Tu m'reconnais plus? J'sais que t'es partie pendant un moment, mais t'abuse un peu, non?
 
« Bien sur que si je te reconnais.. »
 
L'apparition rit de bon cœur, lui déposant un baiser furtif sur le front avant de l'entourer de ses bras et de lui susurrer à l'oreille. 
 
- Alors maint'nant que tu m'as r'trouvée. T'as une idée en tête? T'as une envie? On va r'commencer tout comme avant?
 
« Écoute.. Je sais pas si c'est le bon moment.. »
 
Pour toute réponse, l'autre Krilleb lui déposa un nouveau baiser, sur le bout du nez cette fois-ci. La Draeneï ne savait plus vraiment quoi faire avec celle qui se pendait à son cou, faisant exprès de peser de tout son poids contre elle sans cesser de murmurer. 
 
- Et puis c'nouveau nom est gé-nial tu sais? Nettement plus facile à prononcer. Non vraiment, un coup d'Maître.
 
Pour illustrer ses propos elle lui murmura un « Krilleb » qui faisait plus penser à un râle de plaisir qu'a son propre nom. Puis sans crier gare, elle l'embrassait avec la fougue d'un amant qui à attendu trois bonnes années avant de pouvoir le faire. Ce qui était le cas. 
 
« S'il te plait.. » 
 
Elle tenta de se dégager sans violence de ses ardeurs et de ses bras. Faussement contrariée, elle accepta de desserrer son étreinte. Se contentant de lui chatouiller le dos, en dépit de l'armure. 
 
- J'te fais plus envie? T'aime toujours que toi hein? Rassure moi! 
 
C'était elle tout crachée. Désintéressée de ce qui l'entourait et ne cherchant que sa propre satisfaction avant tout. Repoussant gentiment une nouvelle tentative de l'étouffer, elle réussit à tenir la tête de sa compagne de toujours entre ses mains. 
 
« Écoute! Je suis ravie de te revoir, je n'attendais que ça, je t'assure! Mais s'il te plait, il y a nettement plus important que penser à se féliciter pendant des heures. Tu sais ou je suis, là? » 
 
- Évidemment que j'sais. Tu es chez toi! 
 
Très fière de sa réponse, elle tenta d'avancer son visage surement pour obtenir sa récompense, perdant immédiatement un peu de sa bonne humeur lorsque Krilleb la retint en secouant doucement la tête. Après deux nouvelles tentatives infructueuse et devant l'insistance de la Draeneï pour pouvoir en placer une, elle se décida finalement à écouter, cessant un moment ses caresses et prenant un semblant de mine sérieuse. 
 
- Je n's'rais pas longue chérie. 
 
Un large sourire vint orner son visage. Elle aimait quand les discours étaient courts. 
 
- On aura tout l'temps qu'tu veux. Promis. Mais d'abord, on à quelqu'un à foutre dehors. Ok? 
 
Elle tenta un vague hochement de tête affirmatif, toujours retenue par les mains de son égo. Jusque la, rien de compliqué. Mettre les intrus dehors, elles savaient y faire. 
 
- et après on va trouver une sortie pour quitter l'trou ou on m'a foutue. Ok? 
 
Nouvelle tentative pour un hochement de tête. Ça aussi c'était facile. Elles avaient l'habitude des situations apparemment sans issues. 
 
- Super! On y va? 
 


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Korita
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MessagePosté le: Mer 19 Mai - 10:36 (2010)    Sujet du message: Le chemin du retour. Répondre en citant

VII C'est chez moi ici!  
 

 

La foule de réfugiés se pressait de passer les portes de la forteresse. Le serpent noir de monde se tortillait le long de la route, jusqu'à se perdre à l'horizon. Ils fuyaient l'envahisseur, ou plutôt, ils venaient se mettre à l'abri le temps de pouvoir se retourner et se battre. Beaucoup tiraient des chariots couverts d'effets personnels ou portaient de lourds sacs à l'air bien remplis. Tous étaient fatigués de leur longue marche.
 
Cavalant le long de la colonne, des petits groupes de cavaliers en armures lourde s'assuraient que tout se déroulait sans accrocs. Les civils et leur biens devaient êtres protégés et rapatriés derrière les murs, c'était Ses ordres. Au loin on percevait parfois le son caractéristique des cors de guerre, et régulièrement, d'épais nuages de poussières obscurcissaient le ciel. On murmurait alors « Ils arrivent », avant de presser le pas pour passer les grandes portes noires. La guerre approchait.
 
Pour ne donner aucun avantage à l'ennemi, on brûlait méthodiquement les maisons, les bosquets d'arbres, les jardins et les champs. L'air s'emplissait de l'odeur âcre de la fumée. Les fuyards ne laissaient rien debout derrière eux. Une terre noire et morte, jusque devant les murs du bastion.
 
Un verre d'alcool aussi fort que onéreux à la main, Krilleb regardait d'un air distrait le lent défilement de ses sujets. Laissant courir une main le long du rebord de la fenêtre, elle les observait s'agiter, déposer leurs affaires, se diriger en bon ordre vers les armureries avant de s'y équiper. Dans ces moments la, la Draeneï était fière d'elle et de son travail acharné.
 
Il lui avait fallu du temps pour obtenir une telle discipline. Le summum de sa réussite, c'était cette impressionnante construction dont elle faisait sa demeure, son refuge et son arme secrète. Une merveille d'architecture que seul un cerveau sacrément mégalomane aurait pu inventer. La structure avait réellement un style particulier, tout en renvoyant à l'état de banales cabanes des forteresses comme le temple noir ou la citadelle de la couronne de glace.
 
Elle s'étalait sur des centaine de kilomètres et sept épais murs d'enceintes. Chaque pierres étaient quasiment une œuvre d'art ou s'étalait la longue et palpitante vie de la Draeneï. Chaque tours qui parsemaient les remparts semblaient vouloir rivaliser avec les autres pour atteindre les cieux, se perdant en escaliers, corniches et toits pointus. Plus l'on s'approchait du donjon, plus la muraille était haute, les jonctions se faisant par des ponts de pierres jetés par dessus un vide abyssal. Dominant le reste par sa masse, le donjon quand à lui était un visage au proportions titanesque, fidèle représentation d'une Krilleb à l'air vaguement moqueuse. Partout des étendards d'un gris uni claquaient au vent et entre les créneaux, on pouvait distinguer les reflets du soleil sur les casques et lames de gardes innombrables qui patrouillaient en permanence.
 
Personne ne pouvait se targuer d'avoir un jour vaincu dans les murs de cette forteresse. C'était sa dernière ligne de défense, elle l'avait construite avec un soin maniaque, s'assurant de ne rien laisser au hasard. Aujourd'hui, son adversaire allait subir le même sort que tout ceux qui l'avait précédé.
 
Une Krilleb s'approcha d'elle, la tirant un temps de ses réflexions.  
 
- Maîtresse, les réfugiés sont tous à l'abri, les portes sont fermées et les préparatifs sont terminés. Aucun changement dans les ordres?  
 
D'un vague geste de la main, elle renvoya la messagère.
 
Il n'y avait pas besoin de changer de plan. L'ennemi se briserait sur les remparts, comme il l'avait toujours fait. La victoire ne faisait aucun doute. Satisfaite, elle reporta son attention sur l'une de ses commandantes qui haranguait ses troupes juste sous sa fenêtre.  
 
« Aujourd'hui! L'ennemi se presse à notre porte! Il nous croit faible et désarmée! Il nous pense loin de chez nous et sans repères! »
 
Un ricanement caractéristique accueillit les propos de sa commandante, qui continua.
 
« Aujourd'hui il a baissé sa garde et s'avance vers nous à découvert! Aujourd'hui il va tenter de prendre ce qui nous appartient »
 
Sans prêter attention au frémissement de colère qui secouait ses troupes, elle pointa du doigt le donjon et précisément la fenêtre ou la Draeneï les observait.
 
« Aujourd'hui nous allons lui montrer ce que invaincu veut dire! »
 
Un concert d'approbations monta des rangs des soldats.
 
« Aujourd'hui, on le jette dehors! »
 
Le concert d'approbations devint cri de guerre.
 
« Pas de quartier! »
 
Krilleb se détourna ensuite de la scène. Elle n'avait plus qu'a tranquillement attendre qu'elle fasse le travail. Elle avait entière confiance en ses capacités après tout. Ici, l'expression on est jamais mieux servis que par soit même prenait tout son sens.
 
Les appels aux armes résonnaient un peu partout le long des remparts. Au loin, on apercevait déjà l'ennemi. On parlait encore d'accrochages avec l'arrière garde et les éclaireurs de l'envahisseur. Des combats violents avaient eu lieu par endroits sans que l'on sache qui en était sorti vainqueur. On disait aussi qu'ils étaient des monstres difformes, indéfinissables, portant des parodies d'armes et d'armures en plus d'être aussi stupides que sans pitiés. Pour l'heure, les défenseurs observaient la plaine se noircir des rangs compacts de l'ennemi.
 
Le vent apportait les bruits de l'armée en marche. Le pas pesant et rythmé d'une troupe disciplinée. Les ordres brefs, le grincement des machines de guerre que l'on transporte, le roulement entêtant de tambours de guerre.   
Le ciel s'obscurcissait aussi d'une nuée compacte de créatures volante d'aspect cauchemardesques, leur corps bouffi, à la chair mise à nue, percée de pointe de fer sanglant leur servant autant de becs que d'ailes ou de serres. On pouvait distinctement entendre leur piaillements de dégénérés se mêler au vacarmes ambiant.
 
Pour répondre au bruit. Toute les armes de la forteresse envoyèrent leur cargaison dès qu'elles furent à portée. Des balistes et leur traits longs de quatre mètres, des canons disproportionnés aux boulets chauffés à blanc, des catapultes chargées de rocs impressionnants en passant par des appareils plus exotiques fait pour répandre la mort à longue distance. La myriade de projectiles traversa le ciel en sifflant, vrombissant ou hurlant avant de s'écraser au milieu des régiments adverses dans un fracas de tonnerre.
 
La horde hésita un moment, les premières lignes refluèrent devant les pertes importantes qu'elles avaient subies en quelques instants. Derrière on posait les armes de siège à la hâte pour pouvoir riposter. Alors que partout, les projectiles pleuvaient de nouveau, anéantissant des groupes entiers de soldats.  
Les cauchemars ailés n'eurent pas plus de chance car à peine arrivés au dessus des remparts qu'une grêle de tir de petits et moyens calibres les accueillaient, fauchant les volatiles en plein vol avant même qu'ils ne tentent quoique ce soit.
 
Cela dura encore une heure. Une heure pendant laquelle l'adversaire mit un temps infini à se déployer, perdant une quantité astronomique de troupes et d'énergie avant de pouvoir mettre en place une riposte digne de se nom.
 
Le champ de bataille ressemblait maintenant à un paysage lunaire. L'armée de l'envahisseur, clouée au sol, se cachait dans les cratères et derrière les immenses blocs de pierre qui leur tombaient dessus à intervalles réguliers. La force de frappe volante tournait autour des remparts, voilant les rayons de soleil sous leur nombre, sans pourtant oser s'approcher plus près.
 
Le premier tir d'une catapulte vint s'écraser sur les remparts, faisant trembler la structure sans l'endommager. Le siège commençait vraiment.  


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Korita
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MessagePosté le: Mer 19 Mai - 19:45 (2010)    Sujet du message: Le chemin du retour. Répondre en citant

VIII C'est chez moi ici! (deuxième) 

 

 
Mais, malgré tout leurs efforts ils n'arrivaient à rien de concluant. Leur machines de siège bombardaient en vain et leurs assauts achevaient de saigner leurs rangs. Le premier mur d'enceinte n'avait pas bougé, se dressant encore fièrement devant l'ennemi. Quelques tirs avaient bien fait voler une partie des parapets, emportant une poignée de défenseurs au passage, mais il était déjà impossible d'approcher suffisamment des remparts, alors imaginez seulement d'y prendre pieds.
 
Du haut de son donjon, Krilleb regardait l'évolution de la bataille avec la satisfaction de celle qui à déjà gagnée. L'état major qui l'entourait lui faisait un compte rendu des rares actions d'éclat de l'adversaire. Ici, une volée de volatiles avait détruit une baliste. La bas, un petit groupe d'abominations se cachait dans un cratère et échappait pour le moment aux tirs. Rien de palpitant, comme toutes les fois ou quelqu'un avait tenté de la contrôler. 
  
- Pardonnez, Maîtresse. Vous savez quand il va se montrer?
 
La Draeneï l'imaginait certainement fulminant devant tant de résistance. Elle répondit un « bientôt » de circonstance à celle qui avait posé la question. Les autres, comprenant alors qu'elle n'en avait absolument rien à faire de leur anecdotes sans intérêts, décidèrent de s'éclipser en murmurant. Seule celle qui avait parlée resta dans la pièce, soutenant son regard ennuyé. 
 
- Désolée chérie. J'ai dit, après la victoire.
 
Satisfaite de sa remarque, la Draeneï laissa la commandante restante la dévorer du regard, préférant regarder encore le spectacle de son armée gagnant haut la main en s'accoudant contre le rebord de la fenêtre avec son habituel sourire. Elle voyait encore quelques tirs de machines de sièges venir du camps adverse. Mal ajustés, ils ne causaient pas de dégâts importants. La volière qui tournoyait au dessus de leur têtes n'osait toujours pas s'approcher. 
 
- Pardonnez, Maîtresse. Vous savez d'où il va venir?
 
Le dos tourné et toujours penchée par la fenêtre, Krilleb soupira. Oui, elle était comme ça aussi... Insistante. Évidemment qu'elle savait d'où il allait venir. Elle entendit la commandante s'approcher, ses sabots résonnant sur le marbre du sol. 
 
- D'autre questions, chérie?
 
Les pas s'arrêtèrent. Dehors les défenseurs se préparaient à faire une sortie. Elle pouvait voir les cavaliers converger vers la grande porte, traversant les ponts en rang serrés. 
 
- Non, Maîtresse.
 
Les créatures volantes cessèrent de tourner autour de la forteresse pour rejoindre le gros de l'armée qui avait reculée hors de portée des défenses de la forteresse. L'ennemi s'attendait à une contre attaque et allait surement essayer de sauver les meubles. 
 
- Parfait, tu peux filer?
 
Les pas reprirent, toujours dans sa direction. Avant de s'arrêter de nouveau, tout près. Une main gantée se posa sur son épaule. 
 
- Non, Maîtresse.
 
La commandante l'agrippa alors vivement par l'entrejambe avant de la faire basculer par dessus le rebord de la fenêtre sans lui laisser le temps de réagir. Elle regarda la Draeneï devenir un point de plus en plus petit alors qu'elle rebondissait mollement sur les divers corniches et plate-formes du donjon. Se détournant de la fenêtre, la commandante éclata d'un rire hystérique en se tenant les côtes.
 
Les défenseurs se répandaient maintenant dans la plaine, formant une ligne de lance et de boucliers étincelants. Leurs étendards flottants au vent, inconscients de ce qui venait de se jouer à l'intérieur de leur forteresse. Des dizaines de milliers de soldats s'apprêtaient à charger. De leurs côtés, alors que leur maître se roulait au sol en riant, les forces de l'envahisseur cessèrent enfin de reculer. Répondant aux appels, ils se retournèrent et se ruèrent de nouveau à la rencontre de leur adversaires. Vociférant comme les bêtes qu'ils étaient. 
 
Et dans la grande pièce, la porte venait de s'ouvrir soudainement à la volée, laissant passer une Krilleb passablement contrariée. 
 
- T'es chez moi ici! Tu pensais pas sincér'ment m'arrêter en n'en tuant qu'une? Faudra que tu démonte cette baraque pièce par pièce! Faudra que tu nous tue une par une!
 
Derrière elle, un petit groupe de garde du corps qui se ressemblaient étrangement épaulèrent calmement leurs arquebuses, souriant à la mine d'un coup défaite de l'usurpateur.  
 
- Dehors!
 
La ligne de cavaliers percuta les monstres qui pendant un instant trop bref, crurent pouvoir les retenir. Des lances se brisèrent sur les boucliers, des montures s'empalèrent, des Draeneï furent jeter à bas avant de finir piétinées par leur congénères.. Puis ce fut terminé. La charge enfonça les rangs de l'envahisseur, brisant ses formations, éparpillant ses unités aux quatre coins du champ de bataille, sans espoir de pouvoir les reformer. Une peur panique s'empara alors de l'esprit des créatures, qui tentèrent pour la plupart de s'enfuir.
 
Dans le donjon, les gardes du corps ouvrirent le feu, criblant le corps de l'ennemi, le faisant reculer en titubant contre le mur ou il s'accrocha désespérément. Une main tendue en dérisoire protection contre la colère de celle qu'il avait osé défiée. 
Se détournant de se triste spectacle, la Draeneï sortit de la pièce, laissant le soin à ses semblables de finir le travail. Alors qu'elle tournait pour emprunter un escalier, une seconde série de tirs suivit d'un dernier isolé quelques instants plus tard, lui indiquait que la cible venait de mourir et que quelqu'un était allé s'en assurer, pour la forme.
 
Sur le champs de bataille, une vague de mortalité s'abattit sur les monstres, ils s'effondrèrent par milliers sans même pouvoir se défendre. La plupart disparurent avec des « Pops » décevants, certains explosèrent dans des gerbes d'entrailles nettement plus réussies, la majorité tombèrent simplement face contre terre sous les vivats des cavaliers victorieux.
 
Krilleb traversait son donjon à toute vitesse désormais, quelques servantes s'inclinait poliment sur son passage. Des gardes la saluèrent sans qu'elle n'y prête attention. Pour Krilleb, la victoire était une chose, maintenant il fallait en tirer parti avant de subir un nouvel assaut. Car rappelons le, elle était toujours coincée dans le royaume des Ombres, cette brève accalmie était l'occasion de filer. Il ne fallait pas passer à côté. Passant les ponts en coup de vent, dévalant des escaliers interminables et traversant des cours noires de ses semblables en liesses, elle atteignait enfin la sortie, une porte tout ce qu'il y a de plus banale s'ouvrant sur une pièce.. Ou plutôt sur.. Autre chose. Rien n'était vraiment sur.
 
Toujours allongée sur le sol devant la crypte, elle reprit lentement conscience. Sa tête lui faisait l'impression d'un poids supplémentaire, mais au moins cela prouvait qu'elle l'avait toujours sur les épaules. Se relevant avec difficulté, elle prit un moment pour vérifier que tout ses membres étaient bien à leur places, ce qui semblait être le cas. Ensuite d'un coup d'œil circulaire, elle vérifiait qu'aucun danger ne se profilait à l'horizon. L'absence de mouvements et le silence omniprésent la rassurèrent un peu.
 
Avec un grand sourire, elle tendit une main droit devant elle pour la voir disparaître, comme lentement aspirée.
 
Gloup 


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 19:02 (2018)    Sujet du message: Le chemin du retour.

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